| Multiplier les échanges et coopérationsen vue de réaliser le gagnant-gagnant dans l'harmonie |
| -la Chine et l'Union européenne au 21ème siècle |
| 2006-03-15 00:00 |
Intervention prononcée à l'Université catholique de Louvain par l'Ambassadeur GUAN Chengyuan, Chef de la Missionde Chine auprès des Communautés européennes Monsieur le Président, Chers amis, Je tiens à vous remercier sincèrement de votre invitation qui m'a donné cette occasion de partager avec vous mes quelques réflextions sur la situation du développement de la Chine et sur ses relations avec l'Union Europeenne. D'abord , quelle est la situation de la Chine d'aujourd'hui, et quelle voie a-t-elle choisie pour son développement? Depuis la mise en oeuvre de la politique de réforme et d'ouverture en 1978, la Chine a connu un développement rapide et des changements spectaculaires. Tout au long des 27 années écoulées, l'écnonomie nationale a enregistré une croissance annuelle de 9.6%, le produit intérieur brut a passé de 215.3milliards de dolars américains en 1978 à US$ 2.2 trillions en 2005, le PIB per capita de moins de US$ 200 à plus de 1600, la réserve nationale en devises étrangères de US$ 840 millions à US$ 818.9 milliards. La population en pauvreté absolue qui était de 250 millions de personnes a été réduite à moins de 30 millions. Et la part que la Chine occupe dans l'économie mondiale s'est élevée à 4% au lieu de 1% en 1978. La Chine a réussi à suivre le courant de la mondialistation économique, et s'est intégrée rapidement dans le cyclage international. Le systeme d'économie de marché s'est implanté solidement et perfectionné sans cesse en Chine, ayant comme preuve 95% des prix des marchandises déterminés par les forces de marché, et 95% d'investissement en provenance des entreprises et des institutions bancaires. Notre coopération avec les pays étrangers a connu des progrès réjouissants sur la base d'égalite et d'avantage réciproque. Le volume global du commerce extérieur chinois a passé de US$ 20.6 milliards en 1978 à US$ 1.42 trillions en 2005, classant la Chine au 3ème rang du monde. La Chine est devenue la destination principale de l'IED (investissement direct étranger), absorbant jusqu'à la fin de l'année 2005 US$ 600 milliards d'IED. Cela fait 4 ans que la Chine a adhéré à l'Organisation mondiale du Commerce. Tenant strictement ses promesses, la Chine a abaissé graduellement ses droits de douane à tel point que le niveau général des tarifs se trouve déjà à 9.9%, beaucoup plus bas que le niveau moyen pour les pays en développement, qui est de 20%. Le développement en Chine a offert et offrira d'énormes opportunités pour le monde entier. Au cours des 25 dernières années, l'importation chinoise s'est accrue avec un rythme de plus de 15% par ans, et a atteint US$ 600 milliards en l'an 2005. Il est prévu que l'importation chinoise se situera à US$ 1 trillion en l'an 2020. Actuellement il y a à peu près 280,000 entreprises étrangères en Chine et la plupart d'entre elles font des profits énormes. Entre 1990 et 2004, les investisseurs étrangers ont rapatrié plus de US$ 250 milliards de la Chine. Si cet élan de développement se poursuit, et nous en sommes confiants, dans les 5 ans à venir, l'importation chinoise totale atteindra plus de US$ 4 trillions. La Chine s'efforce de réaliser en l'an 2020 le quadruplement du chiffre de son PIB en l'an 2000, c'est à dire enriron US$ 4 trillions, avec le PIB per capita à US$3000, générant ainsi plus de 100 millions de familles aux capacités d'achat moyennes. En plein milieu de ce processus historique, la Chine restera une partenaire idéale dans les coopérations internationales. Mais nous sommes lucides devant les progrès réalisés et sommes conscients des problèmes et difficultés auxquels nous nous affrontons. La Chine, avec sa population si nombreuse et des niveaux de développement intérieur très différents, reste toujours un pays en développement. Son PIB total représente seulement un sixième de celui des Etats-Unis, et son PIB per capita n'égale que celle des pays de l'Europe de l'ouest à la fin du 19ème siècle. Notre PIB par tête d'habitant nous classe derrière les cent premiers du monde. A cela s'ajoutent encore un important déséquilibre entre les villes et les campagnes et entre les différentes régions, une forte pression de l'emploi, une absence des innovations autonomes, un niveau technologique peu élevé, un mode de croissance extensive n'ayant pas changé radicalement et une contradiction plus aïgue entre un développement socio-économique rapide d'une part et le manque de ressources et la pollution de l'environnement d'autre part. Il y a encore à peu près 26 millions de paysans souffrant de la pauvreté absolue, et 21 millions de citadins comptant sur le système de garantie minimum, sans mentionner la population active qui s'accoît de 24 millions par an alors que le marché de l'emploi peut seulement en absorber la moitié. De plus, il existe plus de 60 millions de personnes handicapées en Chine, qui ont besoin constamment des soins de la société. Après tout, dans un pays en voie de développement avec une population de 1.35 milliards d'habitants, l'édification d'une société d'aisance et la réalisation de la modernisation demandent des efforts de longue haleine, et nous devons travailler assidûment de génération en génération. Quel est l'impact du développement de la Chine sur le reste du monde? Sera-t-elle une menace on une opportunité? Pour répondre à ces questions, je voudrais citer une phrase du Président chinois HU Jintao: La Chine a opté la voie de développement pacifique et elle va s'en tenir à ce choix, c'est-à-dire qu'elle compte réaliser son développement dans un enrivonnement international pacifique, et de retour, contribuer au maintien de la paix mondiale par son propre développement. Sur ce point, je voudrais insister ce qui suit: Primo, c'est un choix basé sur la situation nationale fondamentale. Nous n'avons jamais oublié que le PIB total de la Chine représente seulement un sixième de celui des Etats-Unis, et son PIB per capita n'égale que celle de l'Europe de l'ouest vers la fin du 19ème siècle. Dans un pays en voie de développement avec une population de 1.35 milliards d'habitants, la réalisation de la modernisation du pays demande des efforts de longue haleine. Il est clair que nous devions travailler assidûment de génération en génération et et que nous ayons besoin d'un environnement international pacifique et durable. Secundo, ce choix est conforme aux intérêts réels de la Chine. En tant que participant et bénéficiaire de la globalisation économique, la Chine souhaite sincèrement de continuer et de renforcer la coopération internationale, et cela est tenue comme politique inébranlable du gouvernement chinois. La Chine restera résolument partie intégrante de la globalisation économique mondiale. Tiertio, ce choix est dicté également par les traditions et civilisation chnoises. Il y a plus de deux mille ans, le grand philosophe Confucius a dit : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ». Ces mots constituent toujours la source de sagesse de notre diplomatie. A l'époque moderne, la Chine a subi à maintes reprises des invasions et des oppressions étrangères, ce qui fait que la Chine attache plus que jamais de l'importance au développement à travers la paix et la coopération. La Chine estime qu'actuellement l'humanité est placée devant une précieuse période stratégique pour réaliser une paix mondiale durable et un dévéloppement en commun. Il faut la maintenir et prolonger grâce aux efforts conjugués de tous les pays du monde. A cet égard, la Chine a travaillé inlassablement. La Chine a pris une part de plus en plus active dans la communauté internationale et joue un rôle constructif et responsable. On peut le remarquer dans la crise financière asiatique, le désastreux tsunami de l'Océan indienne et la lutte contre la grippe aviaire. On peut aussi le voir dans la lutte internationale contre le terrorisme et pour la non-prolifération. On peut le constater également dans les relations de la Chine tant avec les pays en voie de développement qu'avec les pays développés. Sur le plan multilatéral, la Chine a participé, jusqu'à aujourd'hui, à 15 opérations de maintien de la paix de l'ONU en envoyant plus de 3,000 personnes. En tant que partie prenante des mécanismes de l'APEC et du sommet Asie-Europe, elle a contribué à la coopération régionale et interrégionale. La Chine préconise l'établissement d'un ordre mondial équitable. Elle est pour le renforcement de l'Organisation des Nations Unies et la mise en valeur du multilatéralisme. Elle s'oppose résolument à l'hégémonisme et à la politique du plus fort et souhaite que tout le monde se débarasse de la mentalité de la guerre froide, dépasse les différences d'idéologie et de systèmes politiques pour réaliser une société harmonieuse, pacifique et stable. Elle applique le nouveau concept de développement centré sur l'égalité et les avantages réciproques afin de créer une situation gagnant-gagnant, de mener une compétition loyale en mettant en valeur la complémentarité des atouts, et de faire évoluer la mondialisation économique dans un sens favorable à la prospérité commune. Elle est en faveur de promouvoir l'instauration d'un nouveau concept de sécurité axé sur la confiance mutuelle, les avantages réciproques, l'égalité et la coordination. Elle soutient l'organisation de dialogues et l'établissement de mécanismes régionaux de coopération sécuritaire. La Chine poursuit une politique de défense nationale défensive. Pendant les 2 dernières décennies, la Chine a réduit l'effectif de son armée par 2 millions. Le pourcentage que le budget de défense se taille dans le budget global est sensiblement diminué et ne représente que 5% de celui des Etats-Unis, 40% de la Grande-Bretagne, 70% de la France et 60% du Japon. La Chine appelle de ses vœux la formation d'un nouveau concept de civilisation marqué par le respect de la diversité. Le libre choix d'une voie de développement représente, pour chaque peuple, un droit inaliénable. Les pays du monde ont à s'inspirer les uns des autres et à se compléter mutuellement dans le « dialogue des civilisations » et sur la base de l'égalité. C'est justement dans ce contexte que j'en viens aux enjeux des relations entre la Chine et l'Union européenne. Qu'est ce que c'est l'Union européenne aujourd'hui aux yeux des Chinois? Pour nous, l'UE est une réalisation formidable : Au cours des cinq dernières décennies, l'UE a entrepris l'intégration pacifique et gagné en puissance grâce aux efforts conjugués de tous les pays membres, et cela a complètement changé la physionomie géopolitique de l'Europe. Si l'on a pu jouir de la paix et construire des foyers hautement prospères dans cette partie de la planète qui a connu sans cesse la guerre pendant des ciècles et surtout les deux guerres mondiales, l'UE a joué un rôle décisif. Maintenant, l'UE est devenue une organisation régionale dont l'intégration est la plus poussée du monde tout en préservant la diversité entre les pays membres, avec une capacité économique et technologique extraordinaire. Elle prend une part active dans les affaires internationales et ses influences sont toujours plus croissantes. Je n'ai pas besoin de retracer tous les aquis et contributions remarquables de l'UE. Ce que je veux dire, c'est que nous considérons l'UE comme un facteur important de paix, de stabilité et de développement dans notre Globe. Voilà la raison pour laquelle nous prenons l'UE comme partenaire stratégique. Il est clair que par la similarité de leur situation respective et de leurs objectifs fondamentaux dans l'échiquier international, la Chine et l'UE sont appelées à agir ensemble et à construire un partenariat stratégique global. Il n'y a pas de conflits d'intérêts fondamentaux entre la Chine et l'Union européenne. Au contraire, il existe beaucoup d'intérêts communs. La Chine soutient inlassablement l'intégration européenne, et elle est ravie que l'Union Européenne joue un rôle toujours plus actif sur la scène internationale. Les échanges politiques de différents échelons se sont multipliés et institutionnalisés entre les deux côtés, y compris le sommet annuel sino-européen, et le dialogue strategique se fait toujours plus approfondi. Le volume commercial sino-européen a passé de US$2.5milliards en l'an 1975 à US$217 milliards en l'an 2005, multiplié par une quatre-vingtaine de fois. L'Union européenne est devenue la partenaire commerciale N. 1 de la Chine pour 2 années consécutives, et la Chine la 2ème de l'Union européenne. L'UE est le premier fournisseur de technologie et le 4ème investisseur en Chine. Les coopérations sino-européennes ont remporté des résultats importants dans les milieux technologiques, énergétique, de transport, de télécommunication, de la protection de l'environnement, etc.. Les échanges sont également très fructueux dans les domaines tels que culture, éducation, santé publique, tourisme, protection sociale, jurisprudence, société civile, etc.. Avec l'ADS(accord sur le statut de destination touristique) signé entre la Chine et l'Union européenne, des centaines de milliers de touristes chinois viennent en Europe et cette troupe de consommateurs ne cesse de s'accroître. On compte aussi plus de 150,000 jeunes Chinois faisant des études dans les pays membres de l'Union européenne. Tout cela a renforcé la connaissance mutuelle et la sympathie réciproque entre nos deux peuples. Voila donc que La Chine en voie de développement pacifique et l'Union européenne en voie d'intégraton ont obtenu des progrès encourageants dans la construction de leur partenariat et il existe une grande potentialité de développement dans leur coopération mutuellement avantageuse. En tant que deux entités principales du commerce mondial, la Chine et l'Union européenne connaissent parfois quelques différends. Voilà une chose normale. Ce qui est important, c'est par quel moyen on va les traiter et résoudre, par confrontation ou par coopération. En menant des consultations et arrivant à un accord acceptable pour les deux parties sur le commerce de textiles en septembre dernier, la Chine et l'Union européenne ont témoigné ensemble de l'esprit de compréhension mutuelle de partenaires et ont donné un bel exemple au monde entier. Tant que les deux parties s'en tiennent à cet esprit, nous pouvons régler toutes les contradictions qui pourraient surgir dans l'avenir. Pour que le partenariat stratégique sino-européen mette pleinement en valeur sa potentialité, il faut également que les deux partenaires traitent avec précaution les questions sensibles dans les relations bilatérales, telles que les droits de l'homme, Taïwan, etc.. Il est souhaitable que nos amis européens fassent preuve de plus d'objectivité et de compréhension face à la réalité chinoise. Nos deux parties devraient également traiter soigneusement les problèmes en suspens entre nous. Vous avez sans doute entendu parler de l'embargo de la vente d'armes ainsi que le statut de l'économie de marché. L'embargo de la vente d'armes est une mesure anachronique et cela surtout entre deux partenaires stratégiques. Il est souhaitable que l'UE honore son engagement le plus rapidement possible. Quant au statut de l'économie de marché, il faut remarquer qu'après 27 ans de réformes et d'ouverture, le système d'économie de marché s'est bien établi en Chine. Il n'y a aucune excuse pour ne pas reconnaître ce statut à la Chine. Je suis sûr que, octroyer ce statut à la Chine sera une mesure très utile et positive pour le développement de notre partenariat stratégique. Maintenant, je voudrais m'exprimer sur quelques sujets d'intérêts particuliers. a. La demande énergétique de la Chine constituera-t-elle une menace pour le reste du monde? Comme beaucoup de pays du monde, le développement de la Chine entraînera une consommation croissante en énergie et elle est devenue le deuxième consommateur du monde. Pourtant, on oublie souvent que la Chine est aussi le deuxième producteur de l'énergie du monde, et son autarcie énergétique reste constamment au dessus de 90%. En l'an 2004, la Chine a exporté plus de 80 millions de tonnes de charbon, et a fourni 56% du commerce mondial en coke. De plus, la Chine contient un fort potentiel pour sa production énergétique. Par exemple, ses ressources hydrauliques ne sont exploitées qu'à moins d'un tiers. Dans le même temps, la Chine a déployé beaucoup d'efforts pour promouvoir la production diversifiée de l'énergie propre et recyclable, par exemple énergies nucleaire, solaire, éolienne, marée-motrice, etc. Et nous envisageons d'élever le taux de pourcentage de la production énergétique recyclable vers 15% du total. Les allégations selon lesquelles c'est la Chine qui est à l'origine de la montée du prix du pétrole ne correspondent pas à la réalité. Parce que l'année dernière a vu le prix du pétrole atteindre son niveau record dans l'histoire, alors que l'importation du pétrôle par la Chine a été réduite de 5.3%. b.Comment traiter l'aspect des concurrences commerciales sino-européennes? A mon avis, les facteurs de complémentarités sont beaucoup plus importants que ceux de concurrences. D'un côté, du point de vue structural, l'exportation européenne vers la Chine est composée principalement des produits mécaniques, électroniques et de hautes gammes, tandis que du côté chinois, on exporte principalement des produits de travail intense, y compris les produits de textile, de maroquinerie et des jouets. La haute compétitivité des produits techinolgiques et de haute gamme de l'Union européenne se tient bon dans le marché du monde, notamment en Chine. Ensuite, si la Chine a commencé à exporter certains produits technologiques, il faut noter que plus que la moitié en sont des produits des entreprises étrangères installées en Chine. De l'autre côté, dans les circonstances de l'internationalisation des fabrications, la libre concurrence est non seulement naturelle mais aussi positive, car la pression renforce la motivation. Enfin, il faut juger la situation dans l'ensemble de nos relations économiques et commerciales. La Chine a déjà acheté des centaines d'avion airbus dont la valeur est beaucoup plus grande que les produits textiles chinois, ce qui a considérablement adouci la pression du chômage en Europe. En un mot, il est convenable de faire valoir l'esprit de compréhension mutuelle et de gagnant gagnant.. c. Quelle en est la situation concernant la protection du droit des propriétés intellectuelles en Chine ? La Chine est détermintée à protéger le droit des propriétés intellectuelles, non seulement pour sa responsabilité envers la société internationale, mais aussi pour répondre au besoin d'encourager les forces d'innovation des entreprises chinoises. En temps actuel, 70% des actes de violation du droit de propriétés intellectuelles en Chine ont comme victimes des entreprises chinoises. Tous les milieux sociaux se sont mobilisés déjà pour participer à la protection du droit des propriétés intellectuelles. Le gouvernement chinois a intensifié ses efforts en vue de cette tâche. Il a promulgué une série de lois et réglementations et a mis au pied un contingent de supervision fort de 500,000 personnes, c'est peut-être la plus grande équipe du monde de ce genre. Mesdames, Messieurs , et Chers Amis, Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, pour se porter mieux, c'est la communication et pas l'isolation, la coopération et pas la confrontation. Je souhaite du fond du coeur que le partenariat stratégique global entre la Chine et l'Union européenne se développent avec chaque jour qui passe. Merci de votre attention! |
